Harcèlement au travail : apprenez à (bien) réagir

Article invité rédigé par Hélène de l’agence Investipole 

Non, le harcèlement au travail n’est pas un mythe. Et c’est bien dommage. En 2012, plus d’un salarié sur cinq se disait victime de harcèlement dans son cadre de vie professionnel. Voici quelques points clefs à garder en mémoire pour mettre fin au harcèlement et recoller les morceaux. 

Comprendre ce qu’est le harcèlement

Définition du harcèlement

Tout n’est pas harcèlement. Un geste déplacé, un regard insistant, une pique de la part d’un supérieur ou d’un collègue… Il s’agit là d’anecdotes, certes, hautement déplaisantes et invitant à la méfiance vis-à-vis de leur auteur. Mais elles ne constituent pas nécessairement des marqueurs d’une forme de harcèlement.

Définissons ensemble le terme de « harcèlement ». Il est bon de savoir que cette notion trouve son fondement dans nos textes de lois. Ainsi, le Code pénal le définit comme un ensemble de « propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ».

En plus clair, qu’est-ce que ça donne ? Cela signifie que le harcèlement se définit sur la base de la malveillance, d’une part, et de la systématisation, d’autre part. En ce sens, un acte isolé ne saurait être défini comme du harcèlement, qui se fonde sur une succession d’agissements. C’est justement cette récurrence d’actes hostiles qui, à long terme, menace le bien-être professionnel, physique et psychologique de la victime, ainsi que le climat de travail à l’échelle de l’entreprise.

Les différentes formes de harcèlement

Le harcèlement au travail recouvre en réalité tout un panel de cas de figure. On peut globalement les regrouper en deux grandes familles.

Le harcèlement moral repose sur la répétition d’attaques individualisées, systématiquement adressées à une seule et même victime, sans qu’aucune raison ne vienne objectivement les justifier. Le harceleur se pose comme bourreau, et le harcelé comme tête de turc, de sorte que toute éventualité de dialogue se trouve entachée par une relation dominant-dominé. Parmi les exemples concrets de harcèlement moral, on trouve notamment :

• les critiques sans fondements ;
• les humiliations, publiques ou non ;
• la mise au placard ;
• la privation de conditions normales de travail ;
• les tâches et missions dévalorisantes ou, à l’inverse, inadaptées à ses capacités ;
• l’agressivité de la part de l’employeur, etc.

Le harcèlement sexuel, quant à lui, touche une majorité de femmes (au cours de sa carrière, une femme sur trois en aurait été victime au moins une fois sur son lieu de travail), bien que les hommes ne soient nullement épargnés. Il comprend, par exemple :

• les remarques grivoises sur le physique, l’intimité ou la tenue vestimentaire ;
• les gestes déplacés ;
• les contacts physiques récurrents non désirés ;
• les avances ;
• les sifflets ;
• le forcing pour avoir une relation sexuelle, etc.

Brisez l’omertà

Sortez du silence

L’omertà, savez-vous de quoi il s’agit ? C’est tout simplement un terme propre aux milieux mafieux pour désigner la loi du silence. En effet, le harcèlement au travail s’accompagne de bon nombre de non-dits de la part des collègues : beaucoup ferment les yeux sur des comportements qu’ils savent pourtant blâmables pour préserver leur carrière. Le phénomène est d’autant plus palpable en cas de harcèlement sexuel, et a nourri le récent succès du hashtag #meToo.

Si vous vous pensez victime de harcèlement sur votre lieu de travail, il est crucial de réagir. Et promptement ! Plus vous attendrez, plus votre descente aux enfers sera profonde. Ainsi, ne faites pas l’erreur de supporter la situation sans sourciller et d’encourager votre entourage dans le déni.  Rappelez-vous que la loi est du côté de la victime : vous êtes protégé, votre emploi n’est en aucun cas menacé par vos dénonciations (voir l’article L1152-2 du Code du travail).

Avisez votre employeur

Votre employeur est tenu de veiller à ce qu’aucun acte de harcèlement ne vienne atteindre ses collaborateurs. Ainsi, en cas de faits de harcèlement avérés, son rôle consiste à y mettre un terme en prenant les sanctions qui s’imposent envers le fautif.

Pour ce faire, adressez un recommandé manuscrit à votre employeur, dans lequel vous relatez la nature de l’acharnement dont vous êtes la cible. Celui-ci ouvrira probablement une enquête pour s’assurer de la véracité de vos dires et déterminer les mesures à prendre pour faire cesser le harcèlement.

Harcèlement : sortez du silence

Harcèlement : sortez du silence

Prenez des mesures radicales

Tentez la médiation

Si les actes de harcèlement perdurent malgré les moyens déployés par votre hiérarchie, la loi vous autorise à solliciter l’aide d’un médiateur. Celui-ci prendra connaissance du différend entre les deux parties et tentera de les amener progressivement sur la voie de la conciliation.

Toutefois, cette procédure implique que harceleur comme harcelé soient d’accord sur sa mise en oeuvre. Rien n’oblige la personne mise en cause à l’accepter.

Saisissez la justice

Si même la procédure médiatrice a échoué, vous êtes en droit d’entamer une procédure judiciaire et d’exiger le versement de dommages et intérêts. Pour porter plainte, adressez-vous directement aux prud’hommes, ou bien au commissariat ou à la gendarmerie.

Pour appuyer votre plainte, il est indispensable de l’étayer de preuves concrètes du harcèlement. Mais attention, pas n’importe lesquelles : pour être recevables en justice, elles doivent être obtenues légalement. Par exemple, un enregistrement tourné à l’insu du harceleur sera d’emblée écarté par le juge, même en cas de flagrant délit. Par ailleurs, les preuves sont bien souvent difficiles à obtenir, le fautif commettant généralement ses méfaits « dans l’ombre ». Pour se faire aider, il peut être intéressant de se faire épauler par un détective privé (voyez ce lien si vous êtes à Lyon), qui se chargera de collecter les preuves à votre place et de constituer un dossier solide.

La méditation et la justice peuvent constituer des solutions si vous êtes victime de harcèlement

La méditation et la justice peuvent constituer des solutions si vous êtes victime de harcèlement

Prenez le temps de vous reconstruire

Bannissez la culpabilité

Avant, pendant et même après les actes de harcèlement, il est essentiel de vous protéger. Le harcèlement n’est jamais anodin, c’est une forme insidieuse de violence susceptible d’avoir des répercussions, à plus ou moins long terme, sur votre équilibre psychologique.

Souvent, il s’accompagne d’un sentiment de culpabilité chez la victime et la blesse dans son estime. Comprenez que vous n’êtes en rien responsable de ce qui vous est arrivé. Faites la paix avec vous-même, et acceptez cette nouvelle blessure pour mieux la panser. En somme, adoptez la pensée positive.

Entourez-vous des bonnes personnes

En situation de détresse, la solitude est rarement une solution. Surtout, ne vous laissez pas sombrer et mettez vos proches au courant des événements : leur soutien sera un précieux allié pour aller de l’avant et surmonter votre angoisse de reprendre le travail et de revivre une expérience similaire. De même, prenez du recul sur ce que vous vivez et adonnez-vous à des activités vous permettant d’évacuer la pression et le mal-être (promenade en pleine nature, yoga, méditation, sophrologie,etc.). N’hésitez pas à consulter un coach ou un psychologue pour vous aider à surmonter cette épreuve et repartir sur des bases saines.

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